Transformation des organisations : pas une nécessite mais une obligation

« L’homme n’est plus seulement client de serveurs de données et d’informations, il est à la fois source et destinataire de celles-ci. La notion même de société organisée est déplacée. L’exercice de la subjectivité et de l’imaginaire pourrait être bouleversé et poser également la question du devenir du sujet. »(2)

Nul ne peut dire actuellement que l’économie change mais est-ce que votre organisation change en même temps ! Certains par prétention diront oui ou elle s’ajuste mais en fait le modèle économique, la culture d’entreprise, les modes de productions ou le modèle d’affaires reste toujours le même au fond. Difficile de changer une façon de faire, voir une culture d’entreprise pour adapter le navire sur la bonne voie même si on perçoit le changement. Cela implique une grosse prise de risque de la part du président de l’entreprise et du comité exécutif.

Hors, c’est ces points qui sont au coeur des défis des entreprises actuellement et de son adaptation au nouveaux écosystèmes en phase d’émergence.

Il y a un peu plus de 10 ans, quand je faisais mes études universitaires, on s’interrogeait beaucoup sur le nouveau paradigme productif et de ses composantes. On mettait beaucoup l’accent l’émergence d’une société de services

Aujourd’hui, on est à l’aube d’un nouveau modèle non plus basé sur le concept de service mais sur le concept d’idéation, de collaboration, d’échange de données, d’économie collaborative, et de temps réel ou chacun devra partager une valeur du service.

En outre les écosystèmes des entreprises vont devoir passer d’un écosystème dissortatif à un écosystème assortatif (j’expliquerai ces deux points dans le 3ème article qui paraîtra un peu plus tard).

Un vrai défi si on n’a pas dans son entreprise les cadres qui ont les capacités à comprendre ce qui est en train de se passer dans l’environnement de l’entreprise. Notamment la capacité à adapter l’ensemble des composantes de l’entreprise pour éviter d’aller dans un mur.

Sans rentrer dans l’histoire de Nokia, entreprise qui était n°1 mondial, n’a pas su adapter sa stratégie aux nouvelles donnes mises en place par les nouveaux entrants, qu’est-t’elle devenue ? A contrario, IBM, spécialiste de la construction d’ordinateur à l’époque, a su passer à une société de service en transformant complètement son modèle d’affaires et sa culture en interne. On ne peut pas dire qu’aujourd’hui IBM se porte mal !

Qu’est ce qui a fait que ces changements se sont produits ?

C’est la conjonction de plusieurs facteurs évolutifs selon Jeremy Rifkin que l’on retrouve dans l’histoire de l’activité économique :

– la première provient indubitablement des technologies de l’information et qui ont créé au final une nouvelle manière d’organiser l’activité économique entre les acteurs

– la deuxième est l’émergence de nouvelles sources d’énergie qui permettent de mettre en oeuvre l’activité économique

– la troisième, ce sont les nouveaux moyens de transports qui améliorent la circulation de l’activité économique

3 facteurs déterminants pour permettre l’émergence d’un nouveau paradigme productif basé sur une convergence de ces 3 éléments dont l’internet des objets (numérisation des transports, de l’énergie et de la communication ) va révolutionner les façons de faire et notre relation au quotidien (travail, individu, objet, gestion du temps, santé).

Ainsi, les voitures seront autonomes et nous permettrons de travailler, de réaliser des vidéoconférences … lors d’un trajet.

Notre santé et notre relation avec le médecin seront aussi différentes et notre corps bardé de capteurs pourra en temps réel communiquer avec l’hôpital, envoyé des données à notre médecin et recevoir des recommandations ou des ordonnances sans le consulter physiquement…

Notre vie aura un lien très fort avec les objets connectés au point qu’ils seront aussi nécessaire qu’un ordinateur aujourd’hui pour réaliser ses activités quotidiennes personnelles et professionnelles

Un nombre important de biens et de services vont même s’approcher d’un coût marginal zéro. Ils deviendront gratuits et sortiront donc du circuit économique classique.

Ainsi, les banques auront des transformations importantes à réaliser au niveau de leurs modèles d’affaires; notre opérateur téléphonique sera peut être notre banque de demain (projet de l’entreprise Orange en France)

De plus en plus d’articles de journaux seront écrits non plus par des journalistes mais par une conjugaison de big data et de deep learning (Washington Post, Le Monde).

La façon de recruter les futurs employés ne fera plus l’objet d’un recrutement par subjectivité mais par une combinaison d’analyse informations (big data, test psychométriques, analyse cartographique des relations …)

Les exemples ne manquent pas sur le développement et l’émergence d’une nouvelle façon de travailler, de concevoir les stratégies, de consommer ou de proposer des services collaboratifs. Les bases sont présentes et ne cessent d’évoluer très rapidement.

Nous sommes donc à l’aube du développement d’une nouvelle façon de réaliser une activité productive, que l’on peut appelé co-construction, et les grandes organisations verticales que constituent les entreprises comme ce fut le cas lors de la 1ère et 2e révolution industrielle n’existeront plus. Les organisations organisés en business unit devront être revues pour aller vers des organisations collaboratives et de travail en temps réel. avec l’intégration de la participation des clients.

L’exemple le plus récent est l’arrivée de Windows 10. Microsoft est en train de changer complètement son modèle d’affaires pour permettre d’avoir un retour exact des besoins des clients, de leur fournir une information en fonction de leur centre d’intérêt mais aussi de pouvoir exploiter cette masse de données pour la revendre. On a un exemple parfait d’une entreprise qui souhaite proposer un service gratuit en échange d’une participation des clients.

Le secteur du tertiaire, secteur principalement de gisement d’emploi actuellement va être touché de plein fouet et nombre de métiers que l’on connaît actuellement vont disparaître ou devenir marginale (Taxis, conseiller banquier, postier, conducteur de métro …). Nombre d’automatisation peuvent être mis en place et le seront plus demain avec l’avancée de la robotique liés au deep learning.

La connaissance ne sera plus soi un atout car elle sera accessible et compréhensible, d’où la nécessité pour les employés d’adapter leur pratiques, usages et façon de faire vers des solutions ou la technologies n’existe pas encore : la créativité.

En effet , selon Edmund PHELPS, prix Noble d’économie, nous passons progressivement d’une économie d’efficacité productive à une économie centré sur l’intensité créative

Note : je n’ai pas abordé volontairement la dimension éthique.

 

Bibliographie :

(1)Jeremy Rifkin: “Le capitalisme va devoir vivre avec l’économie collaborative”
(2)Pierre Giorgini : Recteur Université Catho de Lille : La transition fulgurante

 

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